Dexter House

13 novembre 2012

Journal intime (et cahiers du cinéma) de Heidi Sharky, reine des requins

Si un jour on m'avait prédit qu'un capitaine prendrait la mer avec la joie de nous croiser en chemin, et peut-être sous la ligne de flottaison par dessus le marché, nous aurions cru à une farce de mauvais goût des plus marteaux d'entre nous. Mais voilà que tous nos brillants agents secrets camouflés en animaux domestiques ou de zoo nous annoncent qu' un navire arborant le pavillon noir, bourré de touristes casse-cou -qui en auront pour leurs sous à coup sûr- et de marins d'eau douce sous Guronsan (TM) et ecstasy, a appareillé ce jour de Voelklingen ("Ensemble, tout devient possible!", disait celui qui leur a fait voter pour avoir la mer). 

Le nom de cette épave flottante retapée laisse songeur quant à la probabilité d'un bon repas: le Sarrois coulant, un nom qui nous évoque la saucisse grasse cuite sur le charbon, même si quelques requins-toubibs pince-sans-rire nous mettent en garde contre une pollution fréquente de la viande à l'éthanol, à la nicotine, au collagène et à plein d'autres trucs que quelques salopards de requins-tycoon balancent hors de l'eau en douce pour ne pas payer la taxe anti-pollution. Ces mêmes toubibs sont ceux-là même qui ont longtemps aveuglément prescrit du Mercuror (TM) pour toutes les branchiites en connaissant les effets secondaires; d'ailleurs ils continuent à nous conseiller malgré tout de manger de la viande au moins deux fois par semaine, et si j'en crois l'attirail mentionné dans le rapport de nos espions, il va y avoir à boire et à manger, du cru et du cuit.

J'invite mes fidèles sujets à suivre la progression de cette expédition avec intérêt, quoique pour ma part je ne mangerai pas de chair humaine. Je suis persuadée que les humains ont une âme, à la différence de ces putains de dauphins. Mais ce ne sont pas les bons sentiments ni la superstition qui guident mon choix. Je SAIS que les humains ont une âme tortueuse, des propensions à se couper les cheveux en quatre et à ruminer leurs mauvaises pensées. Manger une telle cervelle? Non merci, sans façon.

Vous croyez que j'exagère? Regardez-donc le document ci-dessous; il m'a été fourni par un espion requin-de-studio qui l'a volé à un rat de bibliothèque:

http://www.youtube.com/watch?v=goTRivxWeIU&feature=related

Et vous savez quoi? Ces bestiaux ont élaboré autour de ce film des hypothèses farfelues, ayant voulu voir en l'héroïne une maniaco-dépressive voire une schizophrène; ils appellent cela "psychanalyse", selon nos agents requins de laboratoire. C'est une sorte de maladie mentale dans laquelle le sujet délire au point qu'il "démontre" par A+B que son voisin est complètement fou et bon pour l'asile. 
Qu'est-ce qu'il y a, en fait, à retenir de ce film? Il s'agit d'une belle et triste histoire, irrationnelle, racontant comment une morte sauve la vie de son double et lui fait rencontrer l'âme-soeur, par delà l'abîme qui sépare les morts oubliés et inconnus des vivants, ces morts à crédit. Comme l'héroïne ne pige rien à ce qui lui arrive avant d'en avoir un bref aperçu peu avant la fin de l'aventure, elle a l'impression d'osciller sur la corde raide, ce qui ouvre la voie à toutes les élucibrations sus-citées.... Il est des jours où je me demande si les humains ne vireraient pas barjots depuis qu'ils mangent de la viande de requin.

Posté par unfan à 00:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


06 novembre 2012

Bienvenue à bord!

Salut à tous,

Prenez place dans notre glorieux sloop, le Sarrois Coulant, ancien navire hollandais glorieux, maudit puis exorcisé par l'amour d'une (?) femme, racheté par un vieux troubadour saxon qui nous en a conté l'histoire et dont nous avons oublié le nom, retapé et rebaptisé par nos bons soins, qui a appareillé de Voelklingen ce matin-même... Oui, biensûr qu'on a la mer à Voelklingen, puisqu'on a voté pour. On aurait bien appareillé de France, mais à Creutzwald (oui, en France) ils ont voté contre, eh puis soyons logiques: on ne construit pas un navire en forêt de Petite-Rosselle pour le lancer à Saint-Nazaire; pourquoi pas au Der ou au Pavin tant qu'on y est ?

Excusez-nous de ne point nous être présenté: Capitaine Dexter House. Jadis, nous étions brillant alchimiste respecté. Avec notre regretté ami le Docteur Panzer, nous avons passé un pacte avec Celui-qui-vit-dans-les-miroirs. Enfin, au moment des faits il dormait sous la Bible (quelle idée!) donc son témoignage sur les évènements risque d'être un peu farfelu. C'est là que les ennuis ont commencé, mais nous raconterons cela une autre fois...

Puisque vous n'êtes pas nombreux, Nous allons vous montrer le local technique. Comme vous le voyez, nos mats, nos voiles et notre gouvernail sont d'époque. Voici les toilettes, d'époque. Les canons Navarone 43, d'époque. Le moteur ainsi que la cabine...biensûr qu'il a un moteur mon sloop... sont des modèles américains Challenger 86, d'époque. Le smartphone avec l'application "uSextant", d'époque. Et voici le restaurant, la médiathèque, le casino, l'hôtel, la piscine, la salle de sport (...) d'époque! Un arsenal titanique qui ferait couler cent fois le Vasa, si notre puissante imagination ne permettait pas de régler aisément ce genre de petits détails.

Sûr qu'avec un aussi bon matériel, la croisière va s'éclater et nous devrions sentir nos coeurs palpiter et en prendre plein les sens jusqu'à la fin du grand voyage. Contrairement à notre steward qui ne sait pas où l'on va mais qu'on y va, nous avons une idée précise de notre destination finale: Rome, là ville au bout de tous les chemins... Non, ils n'ont pas voté pour avoir la mer là-bas, ils l'ont prise aux voisins en disant que c'était à eux. Tout ce que nous ignorons, c'est justement par où on va passer. Notre premier lieutenant, Miss Pythie (et pas Pity!), nous a déjà prévenu (comment sait-elle tout ça?) que le trajet sera long et passera tantôt sous tantôt très au-dessus de la ligne de flottaison. Rassurez-vous, si vous avez oublié votre maillot de bain, le naturisme est bienvenu à bord.

Il nous faut cependant vous prévenir que, notre puissante imagination n'ayant pas encore réussi à caser un quartier rouge sur notre modeste sloop, nous demandons à ces dames de venir nous adresser en personne leurs réclamations en la matière. Et ces messieurs, s'ils sont trop impatients, passeront sur la planche..."La planche", c'est Miss Pythie -à cause de son "orthorexie", comme elle dit.

Du nerf, moussaillons! Larguez les amarres, hissez les voiles, et prévenez les requins que nous arrivons!

 

 

 

 

Posté par unfan à 02:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]